Que faire après un héritage : les premières étapes avant de placer

Recevoir un héritage arrive souvent à un moment difficile. Entre le deuil, les démarches auprès du notaire et les sollicitations de la banque, beaucoup de mes clients m’ont confié avoir eu du mal à savoir que faire après un héritage, et dans quel ordre.

Mon premier conseil est simple : ne pas se précipiter. Les sommes reçues ne vont pas disparaître, et les décisions prises dans l’urgence sont rarement les meilleures. Il y a en revanche des étapes à respecter, certaines avec des délais précis.

Dans cet article, je vous présente les premières étapes à suivre, de l’ouverture de la succession jusqu’au moment où il devient pertinent de réfléchir au placement des sommes reçues.

Clé dorée, enveloppe scellée et petite maison – que faire après un héritage

Étape 1 : laisser le notaire régler la succession

Le notaire est l’interlocuteur central. Son intervention est obligatoire dès que la succession comprend un bien immobilier, et fortement recommandée dans les autres cas dès que les montants sont importants. Il identifie les héritiers, dresse l’inventaire des biens et des dettes, et prépare les actes.

Pendant ce temps, les comptes bancaires du défunt sont en principe bloqués, à l’exception de certaines dépenses comme les frais d’obsèques. C’est normal : les sommes ne seront versées aux héritiers qu’une fois la succession réglée.

Accepter ou non la succession

Chaque héritier doit choisir entre trois options : accepter purement et simplement, accepter à concurrence de l’actif net (vous ne payez les dettes du défunt que dans la limite de ce que vous recevez), ou renoncer. Dans la grande majorité des successions que je rencontre, la question ne se pose pas, mais en cas de doute sur des dettes, le notaire vous aidera à choisir.

Étape 2 : déclarer la succession et payer les droits

La déclaration de succession doit être déposée dans les six mois suivant le décès lorsque celui-ci a eu lieu en France métropolitaine. Au-delà, des intérêts de retard s’appliquent. Le notaire la prépare en général pour les héritiers.

Pour un enfant qui hérite de son père ou de sa mère, les droits de succession sont calculés après un abattement de 100 000 €. Au-delà, un barème progressif s’applique, de 5 % à 45 %. Le conjoint marié et le partenaire de Pacs sont, eux, totalement exonérés.

Lorsque la succession comprend surtout des biens difficiles à vendre, comme un bien immobilier ou des parts de société, il est possible de demander un paiement fractionné ou différé des droits. C’est un point à aborder avec le notaire dès le début.

Étape 3 : percevoir les capitaux d’assurance-vie

Les contrats d’assurance-vie ne font pas partie de la succession au sens civil. Ils sont versés directement aux bénéficiaires désignés, sur présentation des justificatifs à l’assureur, et avec une fiscalité propre :

  • Pour les versements effectués avant les 70 ans du défunt : chaque bénéficiaire bénéficie d’un abattement de 152 500 €. Au-delà, un prélèvement de 20 % s’applique, puis de 31,25 % au-delà de 700 000 €.
  • Pour les versements effectués après 70 ans : les primes versées sont soumises aux droits de succession après un abattement global de 30 500 €, partagé entre tous les bénéficiaires. Les gains produits par ces versements sont exonérés.

Le conjoint et le partenaire de Pacs bénéficiaires sont exonérés dans les deux cas.

Exemple : que faire après un héritage de 350 000 € ?

Prenons un cas d’illustration : une cadre lyonnaise de 52 ans, fille unique, hérite de sa mère. Elle reçoit 200 000 € dans la succession et 150 000 € au titre d’une assurance-vie alimentée avant les 70 ans de sa mère.

  • Succession : après l’abattement de 100 000 €, 100 000 € sont taxables. Avec le barème en ligne directe, les droits s’élèvent à environ 18 200 €.
  • Assurance-vie : les 150 000 € restent sous l’abattement de 152 500 €. Aucune taxation.
  • Au total, elle dispose d’environ 330 000 € nets, qui arrivent à des dates différentes : l’assurance-vie en quelques semaines, la succession après son règlement.

Ce décalage est fréquent. C’est une raison de plus pour ne pas investir la première somme reçue sans vision d’ensemble.

Étape 4 : se donner le temps avant de placer

Une fois les sommes reçues, je recommande presque toujours une période de transition de quelques semaines à quelques mois. Pendant ce temps, l’argent peut être conservé sur des supports sans risque et disponibles : livrets, compte à terme court, fonds en euros d’un contrat déjà ouvert.

Ce temps permet de répondre aux vraies questions :

  • Avez-vous des projets à court terme : rembourser un crédit, aider vos enfants, acheter un bien ?
  • Quelle place voulez-vous donner à cette somme dans votre patrimoine : complément de retraite, revenus, transmission ?
  • Quel niveau de risque êtes-vous prêt à accepter, et sur quelle durée ?
  • L’héritage change-t-il votre situation fiscale, par exemple si vous recevez un bien immobilier locatif ?

Les erreurs à éviter

  • Accepter la première proposition de placement faite au guichet de la banque, avant d’avoir défini vos objectifs.
  • Tout investir en une fois sur des supports risqués, au risque d’entrer sur les marchés au mauvais moment.
  • Laisser la totalité sur un compte courant pendant des années, où l’inflation l’érode.
  • Oublier sa propre transmission : un héritage est souvent l’occasion de réfléchir à ce que vous transmettrez à votre tour.

Quand vient le moment d’investir, je présente les grandes pistes dans mon article sur comment placer un héritage de 100 000 €. Et pour préparer votre propre transmission, vous pouvez lire pourquoi anticiper sa succession reste gagnant.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour percevoir un héritage ?

Tout dépend de la complexité de la succession. Les capitaux d’assurance-vie sont généralement versés en quelques semaines après la réception des pièces demandées par l’assureur. Pour la succession elle-même, il faut souvent compter plusieurs mois, davantage en présence de biens immobiliers ou de désaccords entre héritiers.

Faut-il vendre un bien immobilier reçu en héritage ?

Pas nécessairement. La décision dépend de l’état du bien, de son rendement locatif, de votre fiscalité et de l’entente entre héritiers si le bien est en indivision. Il est utile de comparer la conservation, la mise en location et la vente avant de trancher.

Puis-je transmettre directement une partie de l’héritage à mes enfants ?

Oui, sous certaines conditions. Un héritier peut par exemple renoncer à la succession au profit de ses propres enfants, ou leur faire une donation après avoir hérité. Ces options ont des conséquences fiscales différentes : elles doivent être étudiées avec le notaire.

À retenir

  • Le notaire règle la succession ; la déclaration doit être déposée dans les six mois suivant le décès.
  • Un enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 € par parent ; le conjoint et le partenaire de Pacs sont exonérés.
  • L’assurance-vie est versée hors succession, avec une fiscalité qui dépend de l’âge du défunt lors des versements.
  • Avant d’investir, prenez le temps de définir vos projets, votre horizon et votre tolérance au risque.

Un héritage est à la fois un événement personnel et une décision patrimoniale importante. En respectant ces étapes, vous vous donnez les moyens de faire des choix réfléchis, à votre rythme. Je travaille régulièrement avec les notaires de mes clients à Lyon pour que la stratégie patrimoniale s’inscrive dans la continuité du règlement de la succession. Pour une première estimation, vous pouvez aussi simuler votre projet.

Vous venez de recevoir un héritage et vous ne savez pas par où commencer ? Réservons un premier échange de 15 minutes, sans engagement, pour faire le point ensemble.


Avertissement : Cet article ne constitue pas un conseil en investissement. Chaque situation étant unique, il est recommandé de consulter un professionnel avant de prendre toute décision. Les investissements comportent des risques et les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs.

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